Vulnérabilités éthiques

Les opérations mafieuses, de malversations financières, corruption, trafic d’influence, sont de plus en plus à découvert. Si le contexte de crise est un milieu favorable aux failles informatiques et humaines, il est également la plus grande porte ouverte aux malversations éthiques. Toutes les entreprises sont concernées, même si la plupart du temps il n’est fait état que des plus grandes firmes spécialisées dans la banque finance notamment ; comme en témoigne le rappel à l’ordre de la Société Générale par la Fed concernant ses « déficiences en matière de blanchiment ».

Cette tendance s’accroit principalement en période de crise à cause de la recrudescence de l’activité maffieuse, et tout particulièrement des organisations criminelles transnationales (OCT).

D’ailleurs le 2 avril a eu lieu le G20 de Londres, durant lequel les États, ont apporté une réponse globale à la crise économique et se sont aussi mis d’’accord sur un des pendants de l’éthique dans les affaires : les paradis fiscaux ce qui a suscité de vives réactions.

Le terme « éthique » littéralement science de la morale, appliqué au monde de l’entreprise, peut sembler être un terme « fourre-tout » comprenant toutes les escroqueries ou actes volontaires de l’entourage direct de l’entreprise. Certains d’entre eux portent tout particulièrement atteinte au patrimoine et à l’intégrité de l’entreprise, engendrant des pertes financières considérables.

  • la corruption : se définit par l’abus de pouvoir à des fins privées ou au profit de l’enrichissement personnel selon l’ONG Transparency international. Elle résulte en général d’une mauvaise gouvernance de l’entreprise, d’une trop grande confiance accordée à certains personnels de la société et/ou d’un manque d’encadrement du dispositif financier de la firme. La corruption au sein de l’entreprise peut prendre plusieurs formes : fraude (fraude fiscale et détournement de fonds comme en témoigne notamment l’affaire Madoff, la fraude sur les produits ou services, la fraude aux marchés publics concernant les grands groupes), extorsions.
  • le blanchiment consiste à dissimuler l’origine d’argent acquis de manière illégale (spéculation, activités maffieuses, trafic transnationaux). Ce sont souvent de petites entreprises qui sont en cause, tels que les petits commerces, restaurants, bijouteries, sociétés d’import/export… Les méthodes de blanchiments (un petit guide pour les novices !) sont diverses et varient d’une société à l’autre (le schtroumpfage, la complicité bancaire, l’utilisation de transfert de fond et bureaux de change, l’achat de biens au comptant, casinos, transfert électronique de fond, …)
  • les manœuvres d’influence comprennent la désinformation et l’atteinte à la réputation de l’entreprise. La désinformation est une déformation de l’information initiale entrainant des conséquences négatives sur l’entreprise concernée. Elle se traduit par des sondages, canulars informatiques ou rumeurs (exemple avec l’affaire du secret bancaire et d’UBS). Les auteurs sont en général extérieurs à l’entreprise (concurrents, fournisseurs, partenaires, clients) et agissent par malveillance.

Toutes ces manœuvres ont des conséquences importantes sur la société, sachant que certains secteurs sont particulièrement vulnérables (automobile, défense, pharmaceutique, grande distribution, agroalimentaire). La principale est la perte financière. En France le coût moyen d’une fraude s’élève à 4,7 M € en 2005 selon une étude PricewaterhouseCoopers.

Mais de nombreuses conséquences indirectes en découlent également : la dégradation des relations commerciales, la perte de la motivation du personnel, l’atteinte à l’image de marque ou à la réputation, et la contrefaçon de marque ou de produit.

D’une part, la crise financière a renforcé le besoin de certains États vis-à-vis des devises fortes et a accru, par exemple, l’intérêt de la Chine pour la contrefaçon de produits européens.

D’autre part, la baisse du pouvoir d’achat incite le consommateur à être moins vigilant sur la qualité des produits, et conduit certaines entreprises « contrefactrices » à profiter des opportunités et à se recentrer sur une activité plus prolifique en temps de crise.

En outre, la contrefaçon, longtemps considérée comme une cause de chômage, en est aujourd’hui avec la crise l’une des conséquences. En effet, les nombreux licenciements ouvrent de nouveaux marchés dans l’économie parallèle.

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