Parad’IE à la rencontre d’Orca Security

orcaMonsieur Laurent Schmitte, directeur du consortium ORCA Security a accepté de répondre à nos questions. Composé de 25 entreprises expertes dans leurs domaines, le groupe a pour objectif de répondre à n’importe quel problème de sécurité rencontré par les entreprises. Les prestations s’interconnectent et permettent une réponse sur mesure, parfois totalement novatrice, à chacune des problématiques liées à la sécurité informatique, des biens et des personnes, et économique.

Quelles sont les conséquences de la crise sur la sécurité des entreprises ?

Pour le moment, les conséquences sont peu mesurables car on manque de recul et les entreprises communiquent peu sur leurs vulnérabilités.

Il est certain que les entreprises sont plus vulnérables notamment parce que le nombre d’agresseurs a augmenté. La crise va inciter les entreprises à prendre des risques ne serait-ce que pour survivre. Alors que le vol de voiture a réellement chuté, les vols d’ordinateurs et de téléphones ne cessent de s’accroitre. 15% de ces vols sont réalisés pour les informations qu’ils contiennent.

Cette statistique est à minimiser puisque la plupart des entreprises négligent bien souvent de signaler le contenu qui a été volé.

Qui sont les auteurs de ces vols ?

Comme avant, il y a les délinquants et criminels pour qui les sociétés sont une proie comme une autre. Mais il faut savoir que la plupart des vols sont réalisés par des salariés de l’entreprise soucieux de se procurer un ordinateur à des fins personnelles ou pour bénéficier des informations qu’ils contiennent dans une nouvelle carrière professionnelle.

Les vulnérabilités physiques sont-elles les seules à être plus nombreuses ?

Non. Dans les domaines hyperconcurrentiels, les opérations d’influence sont de plus en plus nombreuses. Internet est un terrain très propice à ces actions, il permet aux détracteurs de se cacher derrière une adresse IP étrangère ou cachée, rendant très difficiles identifications et donc représailles. Les actions de déstabilisation des concurrents via Internet vont se multiplier en utilisant des méthodes loin du respect des lois mais effectuées le plus souvent depuis des pays où il sera difficile de poursuivre les auteurs.

Quels sont les réactions des entreprises clientes ?

La sécurité n’est pas encore considérée comme un moteur d’économie, tout au plus une politique de sécurité est-elle assimilée à une certaine assurance, mais les entreprises doivent prendre conscience que la sécurité peut être un moteur intéressant de productivité.

La période de crise aidant, le prix est privilégié à la qualité. Ce sera un problème sur le moyen terme.

Dans quelle mesure ?

La sécurité va favoriser la compétitivité en :

–          Rassurant les employés qui, par conséquent, resteront plus facilement sur leurs lieux de travail.

–          En limitant les mécontents. Une amélioration de la protection des acteurs de l’entreprise favorisera la paix sociale.

–          En augmentant les contraintes à l’entrée et à la sortie de l’entreprise. Cela limitera les sorties improductives, notamment les pauses cigarettes !

Quelles évolutions la crise pourrait entrainer ?

Les actionnaires vont surement demander plus de sécurité. Les normes de sécurité, comme SOX et ISO, seront de plus en plus prises en compte dans le calcul de la valeur de rachat d’une société. Cette exigence apparaît aussi importante que le bilan comptable et financier.

La sécurité des entreprises est un facteur de rentabilité, qui ne doit plus être ignoré.

Pensez vous que les acteurs publics ont bien réagit face à la crise ?

Les banques ont une réelle responsabilité dans la sécurité économique des entreprises. Leurs difficultés propres et la mauvaise redistribution des aides étatiques accroissent les difficultés des sociétés : les cessations de paiement sont de plus en plus nombreuses, engendrant des vulnérabilités en cascade pour les fournisseurs.

Par ailleurs, il faudrait développer encore plus d’éducation. Il y a trop de « catastrophisme » de la part de consultants. Les pouvoirs publics doivent tout mettre en œuvre pour que chacun se sente concerné. L’État doit être un support pour les entreprises, il doit être plus présent et plus pro-actif.

C’était la mission de Monsieur Juillet ?

Oui et il y a eu beaucoup de travail de fait. Mais il a cruellement manqué de moyens, surtout partant du no man’s land dans lequel se trouvait l’intelligence économique en France. Les pouvoirs publics devraient encore davantage sensibiliser les entreprises, les convaincre de l’intérêt de recourir aux outils de sécurité et d’intelligence économique.

Quels sont les solutions immédiates que les chefs d’entreprises peuvent mettre en œuvre pour limiter les effets de la crise ?

Les français préfèrent bien souvent remettre à demain ce qu’ils peuvent faire le jour même ; « on a toujours une bonne raison de ne pas faire ! ». La crise a renforcé cette position. Chez Orca, nous observons que plusieurs de nos clients, principalement dans le monde bancaire, ont divisé leurs budgets d’investissements en tous genres par 2 ou 3. Il faudrait que les chefs d’entreprises français apprennent à « avoir toujours une bonne raison pour faire » !

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